Benoît Jacquot,
parrain de l'édition 2016

C’est en 1965 que Benoît Jacquot débute sa carrière au cinéma, comme assistant réalisateur. Dans ses premiers films (L’Assassin musicien - 1975, Les Enfants du placard - 1977), on veut y voir l’influence de Robert Bresson. Avec Les Ailes de la colombe (1981), Benoît Jacquot reste fidèle à lui-même malgré la présence de vedettes au générique, en refusant tout artifice à cette histoire d’amour et de passion adaptée de Henry James.

La Désenchantée (1990), son sixième long métrage, marque, selon le cinéaste lui-même, le début d’une période de films plus légers, plus souriants. La Fille seule (1985), dans lequel il expérimente de longs plans séquences qui traquent Virginie Ledoyen dans les couloirs labyrinthiques d’un grand hôtel, puis Le Septième Ciel (1997), le consacrent auprès du public. L’Ecole de la chair (1998), d’après Mishima, avec Isabelle Huppert, se trouve en compétition officielle à Cannes. Benoît Jacquot continue à surprendre par l’éclectisme de ses sujets (La fausse suivante – 1999, Sade – 2000, Tosca – 2001) ou encore le choix du noir & blanc pour A tout de suite (2004) récit d’une cavale avec une nouvelle venue, Isild Le Besco, qu’il retrouve dans L’Intouchable, présenté à Venise en 2008. Villa Amaria (2008) marque ses retrouvailles avec Isabelle Huppert. Les Adieux à la reine (2012), qui relate les derniers jours de Marie-Antoinette, obtient le Prix Louis Delluc et trois nominations aux Césars.

Portraitiste du sentiment amoureux et des femmes, il offre un premier rôle masculin inattendu à Benoît Poelvoorde aux côtés de Charlotte Gainsbourg, Chiara Mastroianni et Catherine Deneuve, dans Trois Cœurs (2014). Son dernier film en date, Journal d’une femme de chambre (2015), nouvelle adaptation du roman de Mirabeau, avec Léa Seydoux, est sélectionné en compétition au Festival de Berlin, tandis qu’il remporte un grand succès public et critique.

Benoît Jacquot à propos du cinéma de patrimoine « Le grand cinéma hollywoodien de cette période m’a donné envie de devenir cinéaste […] Si je devais conseiller un seul film américain à quelqu’un qui n’en a jamais vu, ce serait La Mort aux trousses (1953) d’Alfred Hitchcock, parce qu’il me semble emblématique du pouvoir que peut exercer le cinéma. »